Les coûts exorbitants de la dépollution des eaux !

Les pollutions agricoles génèrent une dépense de 1 à 1,5 milliard d’euros par an pour les ménages.

C’est le montant des pollutions agricoles qui pourrait se répercuter chaque année sur la facture d’eau des Français, selon un rapport du ministère de l’Ecologie et de l’Environnement.

La facture est salée pour les ménages français. Une étude du Commissariat général au développement durable (CGDD)  un service du ministère de l’Écologie  révèle le coût du traitement des pollutions agricoles. Et il n’est pas des moindres !

Le rapport met en lumière les nombreuses dépenses supplémentaires, dépassements de budget et pertes financières liées à la dépollution agricole de l’eau. Premiers affectés : les services d’eau et d’assainissement qui voient la note grimper chaque année de 640 millions à 1,14 milliard d’euros, soit de 7 à 12%. Or, leurs pertes sont directement répercutées sur la facture d’eau des Français. Pour les localités les plus polluées, le surcoût pourrait atteindre 494 euros par ménage (Source : p19 du rapport du CGDD).

Les nitrates en cause

En ajoutant les pertes exclusivement encaissées par les collectivités locales (nettoyage des plages souillées par les algues vertes, dégradation des milieux aquatiques) et par les ménages (consommation d’eau en bouteille, filtrage de l’eau du robinet), l’excédent total engendré par la pollution de l’eau pourrait grimper jusqu’à 1,6 milliard d’euros.

Un surcoût important dû en grande partie à l’utilisation des nitrates et des pesticides dans l’agriculture et l’élevage. 806 000 tonnes de nitrates viendraient ainsi contaminer les rivières et le littoral « dont environ 715 000 tonnes proviennent de l’agriculture et de l’élevage, soit 88,7% », précise le rapport. Le volume global des rejets de pesticides n’a pas pu être précisé, mais les experts ont détecté leur présence dans 90% des 1 097 points d’eau où ils ont conduit des analyses. « Cela traduit une dispersion importante des pesticides et une présence généralisée dans les milieux aquatiques. »

La France, mauvais élève de l’Europe

Cette évaluation partielle des coûts montre la nécessité de réduire l’utilisation des engrais, pesticides et autres produits chimiques dans les exploitations. En Bretagne, 179 kg d’azote sont épandus chaque année sur chaque hectare breton. C’est l’Ille et Vilaine qui bat les records avec  187 kg/ha. Ces chiffres étant un minimum car toutes les exploitations n’ont pas répondu à la déclaration pourtant obligatoire.

Malgré cette situation, en 2011, François Fillon avec ses ministres de l’Agriculture et de l’environnement modifie les modalités du calcul des surfaces d’épandage : c’est la surface agricole utile (SAU) et non plus une surface d’épandage plus restreinte qui sera prise en compte pour calculer le plafond d’épandange  ce qui permettra d’augmenter de 20% les quantités d’azote épandues sur les sols !

De quoi alourdir le problème français. La Commission européenne avait déjà exigé du gouvernement français le détail de son plan de lutte contre la prolifération des algues vertes. Il faut dire qu’en matière de politique de l’eau, la France est le mauvais élève de l’Europe. Des pays, comme le Danemark, ou des régions telles que la Bavière, en Allemagne, sont parvenus, en responsabilisant leurs agriculteurs, à réduire de 30% leurs consommations d’azote et de pesticides, rappellent les auteurs du rapport. Pour eux, constat est fait de « l’insuffisante volonté de remettre en cause des pratiques agricoles durablement marquées par l’encouragement au productivisme et le choix d’une agriculture intensive ».

Le rapport de la cour des comptes_2010

Les flux d’azote en Bretagne

Le rapport de la Cour des Comptes 2015

Malgré tous ces rapports, Manuel Valls et son ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll continue à sacrifier l’intérêt général au profit des éleveurs industriels.

  • Relèvement du seuil d’autorisation des élevages industriels de volailles
  • Révision des contrôles environnementaux dans les exploitations agricoles
  • Réduction des délais de recours contre les autorisations préfectorales d’exploiter les élevages industriels.

Toutes mesures dangereuses pour l’environnement. (Plus d’infos sur le site d’E&R de Bretagne) Lire aussi la réaction de l’Intersyndicale de la Police de l’eau

Et ce n’est pas tout ! le gouvernement s’apprête à restreindre les contrôles environnementaux

Le rapport sur les contrôles des exploitations agricoles.